Histoires d’un futur proche

Liam Young

Liam Young est un architecte spéculatif qui opère dans les espaces entre le design, le fiction et le futur. Il est co-fondateur de Tomorrows Thoughts Today, un groupe de réflexion sur les villes futures, explorant les implications locales et globales des nouvelles technologies, et Unknown Fields, un studio de recherche nomade qui organise des expéditions pour relater ces conditions émergentes sur le terrain. Il a été salué par les médias traditionnels et spécialisés en architecture dont la BBC, la NBC, Wired, The Guardian, Time, et Dazed and Confused. Egalement producteur, il a été nommé aux BAFTA (prix de la British Academy of Film and Television Arts) et son travail a été l’objet d’acquisition par des institutions telles que le Metropolitan Museum of Art, le Victoria and Albert Museum et le MAAS à Sydney. Au niveau international, il a enseigné à l'Architectural Association de l'Université de Princeton et dirige aujourd'hui la maîtrise en fiction et divertissement de Sci Arc à Los Angeles. L'approche narrative de Liam se situe entre le documentaire et la fiction, en se concentrant sur des projets visant à révéler les connexions invisibles et les systèmes qui font fonctionner le monde moderne. Actuellement, Liam partage son temps entre l'exploration de paysages lointains et la création de prototypes de mondes futurs qu’il en tire.

http://www.tomorrowsthoughtstoday.com/


Hello, City !

Les technologies numériques remodèlent radicalement notre perception et notre occupation des villes. Joignez-vous à l'architecte spéculatif Liam Young et son système d'exploitation urbain intelligent pour faire une visite, en taxi sans chauffeur, à travers un réseau de systèmes logiciels, d'infrastructures autonomes, d'architectures fantômes, d'anomalies, de pépins et de lutins à la recherche de la nature au-delà de la machine. La conférence sera un voyage audio-visuel dans une ville située entre le présent et le futur, le réel et l'imaginaire, assemblée à partir de fragments de paysages réels et de fictions urbaines.

Mark Wigley

Professeur d'architecture et doyen émérite de l'École supérieure d'architecture, de planification et de conservation de l'Université Columbia. Mark Wigley, érudit accompli et professeur de design, a beaucoup écrit sur la théorie et la pratique de l'architecture et est l'auteur de Constant’s New Babylon: The Hyper-Architecture of Desire (1998); White Walls, Designer Dresses: The Fashioning of Modern Architecture (1995); et The Architecture of Deconstruction: Derrida’s Haunt (1993). Il a co-édité The Activist Drawing: Retracing Situationalist Architectures from Constant’s New Babylon to Beyond (2001). Wigley a été conservateur pour de nombreuses expositions au Museum of Modern Art de New York; Le Drawing Center, New York; Centre canadien d'architecture, Montréal; et Witte de With Museum, Rotterdam. Il a reçu son baccalauréat en architecture (1979) et son doctorat (1987) de l'Université d'Auckland, Nouvelle-Zélande. Après une décennie en tant que doyen de l'École supérieure d'architecture, de planification et de conservation de l'Université Columbia, il démissionne pour retourner à l'enseignement.

https://www.arch.columbia.edu/faculty/33-mark-wigley

Jan Vorisek

Jan Vorisek (né en Suisse en 1987) vit et travaille à Zurich. Ses présentations récentes comptent “Burst City” (2017, Nottingham); “Total Fragmented Darkness”, Hard Hat (2017, Genève); “NotFair”, Galerie Bernhard (2016, Varsovie); “Rented Bodies”, Galerie Bernhard (2015, Zurich). Son travail a été montré dans des expositions communes dont Kunsthalle Exnergasse (Vienne 2017); Plato Ostrava (Ostrava 2017); Kunstverein Braunschweig (2017); Kunsthalle St.Gallen (2016); 83 Pittstreet (New York 2016); Espace Arlaud (Lausanne 2016) and Kunsthaus Glarus (2016). Ses performances récentes ont été réalisées au Spring Workshop (Hong Kong 2016); Luma Foundation (Zurich 2016); Cave12 (Geneva 2016, with Timotheé Calame); TG (Nottingham 2015); Kunsthalle Zurich (2015). Jan Vorisek a également organisé depuis 2011 plusieurs soirées club intitulées HOUSE OF MIXED EMOTIONS (H.O.M.E) et en collaboration avec Mathis Altmann et Lhaga Koondhor.

http://janvorisek.com/


Proposition artistique



Utilisant autant la sculpture, la performance, la musique improvisée et le son, les installations de Jan Vorisek fonctionnent tels des commentaires propres à un lieu donné, tels des éléments éphémères et des documentations qui observent les hiérarchies formelles en jeu. Grâce à des assemblages constitués de matériaux usés et de dispositifs sonores, l'artiste réfléchit sur la fluctuation du bruit comme canal d'information. Les matériaux et les objets accumulés sont désassemblés jusque dans leurs éléments composants et soumis à de nouveaux systèmes d'organisation. Cela peut prendre la forme de formations verticales sinueuses à travers la pièce, de marquage ​​sélectif ou d’interventions architecturales à grande échelle. Les structures subtilement animées fonctionnent à la fois comme vecteurs conducteurs du son et comme espace résonnant, qui testent et dépassent les limites de la perceptibilité. Les structures et les compositions auto-performantes de Jan Vorisek sont complétées par des sons enregistrés à l'extérieur, qui font échos à l'espace urbain, dans lesquels « intérieur » fusionne avec « extérieur » et dont les dimensions exactes de l’œuvre restent indéfinies. Le motif récurrent de la corrosion – corrosion de nouvelles configurations du son et du matériel – est envisagé comme méthode créatrice. Réglages constants, variations de son et de matériel, sont des éléments constitutifs du travail de Jan Vorisek, qui peuvent être pris comme des instantanés d’un processus de production potentiellement sans fin. L'acte d'arranger et de modifier les assemblages devient périodiquement visible tout au long des performances de l’artiste.

Metahaven

Fondée par Vinca Kruk et Daniel van der Velden, la pratique de Metahaven englobe l'art, le cinéma et le design pour provoquer de nouveaux imaginaires qui sont liés à l'esthétique, à la poétique et à la politique. Leurs présentations solo récentes incluent 'Information Skies', Auto Italia, Londres (2016) et Mumbai Art Room, Bombay (2016), 'The Sprawl', YCBA, San Francisco (2015), 'Black Transparency', Future Gallery, Berlin ( 2014), et « Islands in the Cloud », MoMA PS1, New York (2013). Les expositions collectives récentes ont été montrées à la Sharjah Biennale 2017, Sharjah, Emirats Arabes Unis, Fear & Love, Design Museum, Londres (2016), Dream Out Loud, Stedelijk Museum Amsterdam (2016), Le huitième climat (Que fait l'art? ), la 11e Biennale de Gwangju (2016), «Tout cela vous appartient», Victoria & Albert Museum, Londres (2015), « Private Settings: Art après l'Internet », Museum of Modern Art Warsaw (2014), et 'Frozen Lakes', Espace Artistes, New York (2013). Les publications récentes incluent « Black Transparency» (2015), « Can Jokes Bring Down Governments? » (2013) et « Uncorporate Identity » (2010). Leurs clips musicaux 'Home' (2014) et 'Interference' (2015) ont été réalisés avec la musicienne, compositrice et artiste Holly Herndon, dans le cadre d'une collaboration continue. Le premier long métrage documentaire de Metahaven, « The Sprawl (Propaganda à propos de la propagande) », a été présenté au Festival International du Film de Rotterdam (IFFR) en 2016. Puis dans la même idée, le court métrage intitulé « Information Skies », a été tourné et produit en 2016, remportant le Prix du cinéma européen 2017 au IFFR. Le court-métrage « Hometown », projet émanent de « Information Skies », a été tourné à Beyrouth et à Kiev en 2017.

http://mthvn.tumblr.com/

Marie Velardi

Marie Velardi est une artiste suisse, elle vit et travaille à Genève et Paris. Sa pratique artistique est multiforme, et s’intéresse aux liens entre les différentes temporalités, relations entre le court terme et le long terme, relations entre le présent, le passé et aux avenirs possibles; Elle a réalisé «Les Futurs Antérieurs, XXIe siècle / Future Perfect, 21st Century» (2006), une édition imprimée en français et en anglais de plus de cinq mètres de long racontant l’histoire du XXIe siècle inspirée par des livres et films de science-fiction; Un «Atlas des îles perdues, Edition 2107», (2007), avec des dessins à l’encre d’îles qui vont être submergées par la montée des eaux d’ici 2107; Une série de travaux relatifs aux eaux souterraines, «Aquifers», «Renewal Time» (2012-2013), et aux territoires mouvants. Son travail a été exposé en Suisse, France, Allemagne, Belgique, Italie, aux USA, Royaume-Uni, Inde et Thaïlande. En 2014-2015, elle a été une des trois artistes à représenter la Suisse à la Biennale d’Inde de Kochi-Muziris. 

http://marie.velardi.ch/


Proposition artistique



« Lettre de Terre-Mer », lecture et diaporama de Marie Velardi

Terre-Mer est un projet en cours qui s’intéresse au déplacement du trait de côte dans le temps, passé et à venir, et aux relations entre la terre et la mer. Il fait suite à différentes expériences de terrain menées par Marie Velardi, en France, en Ecosse, en Inde, en Thaïlande, en Italie, et aux Pays-Bas. A partir de rencontres et discussions avec des habitants de Terre-Mer, questionnant les conditions de vie avec la mer, et comment les humains vivent avec l’incertain et l’aléa, elle a écrit la Lettre de Terre-Mer. Ce projet conduit également à d’autres réalisations, comme des dessins cartographiques représentant les zones de Terre-Mer, à l’aquarelle : Là où la mer a été par le passé, et où elle pourrait revenir, liant la mémoire du territoire par le biais de cartes historiques anciennes, et des simulations de future montée des eaux. Cette manière de représenter le territoire ne correspond pas à la distinction habituelle entre la terre et la mer par le trait de côte: Dans ces dessins le trait de côte s’épaissit, et devient l’entre-deux, la zone de relation et d’échange entre la terre et la mer, où le passé pourrait rejoindre les avenirs possibles. Le projet Terre-Mer de Marie Velardi a bénéficié du soutien et d’une bourse de la Ville de Genève (FMAC).

Thomas Thwaites

Thomas Thwaites est un designer britannique dont le travail examine les interactions entre la science, la technologie et l'économie dans notre société actuelle et dans les futurs possibles. Les œuvres de Thwaites ont été acquises par le Victoria & Albert Museum pour sa collection permanente et sont exposées fréquemment et dans le monde entier, notamment au Musée National de Chine, au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Séoul, au Science Museum (Londres), 21_21 Design Sight (Tokyo) et la Biennale Zero 1 (Californie). Son premier livre, The Toaster Project, publié par Princeton Architectural Press, a rencontré un grand succès critique. Il décrit la tentative de Thwaites de construire un grille-pain électrique à partir de rien et a été traduit en Coréen et en Japonais. Son deuxième ouvrage, GoatMan: How I took a holiday from being human, décrit son projet de prendre des vacances de sa condition d’être humain en devenant une chèvre. Il a été publié en 2016 et traduit en norvégien, coréen et japonais. Il est actuellement professeur assistant en design industriel à la Rhode Island School of Design.

www.thomasthwaites.com


Proposition artistique

©Tim Bowditch, Wellcome Trust



Prendre des vacances de sa condition d’être humain (GoatMan)

Mieux vaut être un être humain insatisfait qu'un cochon satisfait, un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait. Et si le fou, ou le cochon, ont une opinion différente, c'est seulement parce qu'ils ne connaissent que leur propre côté de la question. -John Stuart Mill, L'utilitarisme (1863).
Ne serait-il pas agréable de prendre des vacances d'être un humain? Des vacances de l'angoisse existentielle, de l'inquiétude et du stress de la vie en tant qu'être mortel et conscient de sa propre condition. Ne serait-il pas agréable de pouvoir profiter de l'herbe verte fraîche, de galoper à travers le paysage, d'être libéré du temps?
Oui. J'ai donc essayé de devenir une chèvre pour échapper à l'angoisse inhérente à l'être humain. Le projet est devenu une exploration de la façon dont la technologie moderne peut nous mener très près de l'accomplissement d'un rêve humain ancien: revêtir les caractéristiques des autres animaux. Mais plus que la férocité d'un ours ou la perspective d'un oiseau, la caractéristique la plus utile dans la vie moderne réside peut-être dans la capacité à vivre le moment présent. Quoi qu'il en soit, je me suis retrouvé dans une ferme dans les Alpes, à quatre pattes, une prothèse de panse attachée à la poitrine, à manger de l'herbe et essayant de devenir une chèvre.

Mathieu Triclot

Mathieu Triclot est maître de conférences en philosophie, à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, membre de l’équipe RECITS au sein de l’Institut FEMTO-ST. Ses travaux en philosophie des techniques portent sur l’histoire de l’informatique, l’intelligence artificielle, la cybernétique, la notion d’information et les jeux vidéo. Ses recherches s’inscrivent dans le courant de la philosophie des milieux techniques. Il est l’auteur des ouvrages Le Moment cybernétique et de Philosophie des Jeux vidéo. Il dirige le groupement d’intérêt scientifique « Unité des Technologies et des Sciences de l’Homme » qui promeut le principe d’une recherche technologique en sciences humaines et sociales.


Le monde cybernétique est-il advenu ? Retour sur une politique des machines à information

La cybernétique est un mouvement scientifique qui a produit l’un des discours d’accompagnement les plus puissants de la révolution technologique de l’informatique et des télécommunications, dans l’après seconde guerre mondiale aux États-Unis. Or, tout se passe aujourd’hui comme si le monde projeté par la cybernétique avait fini par advenir, avec quelques soixante ans de décalage : un monde gouverné par l’informatique et les réseaux, où machines à apprentissage et réseaux de neurones sortent des laboratoires et entrent en société, où l’Intelligence Artificielle nourrie aux Big Data pose la question de la péremption du travail humain, où les algorithmes tiennent lieux de « machines à gouverner ».
Toutes ces questions, qui font un retour fracassant dans le discours public autour des technologies, non seulement la cybernétique les a abondamment discuté, mais elle a aussi construit, autour des engagements publics de Wiener notamment, un cadre pour une critique politique des technologies qu’il est intéressant de revisiter aujourd’hui. Cette politique cybernétique comporte plusieurs axiomes, qui pourraient s’énoncer ainsi chez Wiener : il faut considérer le mode de production des savoirs, l’information n’est pas immatérielle, l’information n’est pas faite pour être marchandise, la machine à gouverner est un leurre, il faut refuser « la pensée du gadget » et défaire le mythe du remplacement par le robot.
Ces propositions de politique des techniques nous paraissent intéressantes à deux niveaux. Il s’agit d’abord d’explorer la portée de cette politique cybernétique, à l’aune de la situation contemporaine. Mais ce faisant, l’objectif n’est pas tant de prétendre retrouver dans l’antique cybernétique une clé de lecture du contemporain que de mesurer les écarts et de localiser ce qui peut être irrémédiablement déplacé et périmé dans le discours de la cybernétique. Le mouvement cybernétique a tenu ensemble la production d’innovation scientifiques et techniques de rupture avec une réflexion aussi bien philosophique que politique sur ces innovations. Ces dimensions forment une trame inextricable, qui rend compte de la trajectoire du groupe cybernétique. L’agencement de science, de technique, de philosophie et de politique, dans lequel la cybernétique est enchâssée, offre une pierre de touche remarquable pour évaluer tout ce qui pu bouger dans les agencements contemporains.

Kevin Slavin

Chief Science and Technology Officer, The Shed. Research Affiliate & Founder, Playful Systems at MIT Media Lab. Co-founder, Everybody at Once and Collective Decision Engines.
Co-founded Area/Code (acquired to become Zynga New York), Starling, AFK. Worked at DDB, Chiat, SS+K.
Invested in Pienso, Timehop, Makers Row, Burner. Advisor to Electric Objects, Knotch, Innovid. Consulting at large.
Taught at NYU/ITP, Cooper Union, Fabrica. Vice Chair, Cooper Union Board of Trustees.
TED talk is here. Toxoplasmosis. Poptech on luck. Old MoMA talk, Ignite, etc.

https://about.me/slavin

Oliver Ressler

Oliver Ressler est un artiste et cinéaste qui réalise des installations, des projets dans l'espace public et des films sur des sujets tels que l'économie, la démocratie, le réchauffement climatique, les formes de résistance et les alternatives sociales. Ressler a présenté des expositions individuelles au Berkeley Art Museum, États-Unis; Musée d'art contemporain, Belgrade; Centro Cultural Conde Duque, Madrid; Alexandria Contemporary Arts Forum, Égypte; The Cube Project Space, Taipei et des expositions à Wyspa Institute of Art, Gdansk; Lentos Kunstmuseum, Linz; Centro Andaluz de Arte Contemporaneo - CAAC, Séville; SEL Galata, Istanbul; et MNAC - Musée national d'art contemporain, Bucarest. Ressler a participé à plus de 300 expositions collectives, dont Museo Reina Sofía, Madrid; Musée Van Abbe, Eindhoven; MASSMoCA, North Adams, États-Unis; Centre Pompidou, Paris; les biennales de Séville (2006), Moscou (2007), Taipei (2008), Lyon (2009), Gyumri (2012), Venise (2013), Athènes (2013, 2015), Québec (2014), et Documenta 14, Kassel, 2017 (dans le cadre d'une exposition organisée par EMST). Ressler a réalisé vingt-sept films qui ont été projetés dans des milliers de manifestations de mouvements sociaux, d'institutions artistiques et de festivals de films. Une rétrospective de ses films a eu lieu au Centre d'Art Contemporain de Genève en 2013. En 2002, il a remporté le premier prix au International Media Art Award du ZKM à Karlsruhe et est le premier lauréat du Prix Thun pour l'Art et l'Ethique en 2016. Pour la Biennale de Taipei 2008, Ressler a été curateur d’une exposition sur le mouvement de contre-mondialisation, A World Where Many Worlds Fit. Un spectacle itinérant sur la crise financière, It’s the Political Economy, Stupid, co-curaté avec Gregory Sholette, a été présenté dans neuf institutions depuis 2011. Ressler a été responsable du projet de recherche Utopian Pulse – Flares in the Darkroom at Secession à Vienne en 2014, en collaboration avec Ines Doujak; soutenu par le Fonds autrichien des sciences.

http://www.ressler.at


Everything's coming together while everything's falling apart

Il n'y a pas si longtemps, le réchauffement climatique était encore de la science-fiction. Maintenant, c'est devenu une science exacte, et une réalité dans laquelle nous vivons déjà. Selon le Copernicus Climate Change Service, la température moyenne mondiale en 2016 atteignait près de 1,5 ° C au-dessus des niveaux pré-industriels. De nombreux et nombreuses scientifiques voient cela comme la "ligne rouge" au-delà de laquelle le réchauffement climatique sera imparable et incontrôlable.
Dans sa présentation, Oliver Ressler parlera d'un nouveau cycle de films qui pourrait s'avérer être une histoire du début de la révolution climatique, le moment où la résistance populaire a commencé à reconfigurer le monde. Le projet suit le mouvement climatique dans ses luttes pour démanteler un système économique fortement dépendant des énergies fossiles. Il enregistre les événements clés du mouvement climatique, rassemblant de nombreuses situations, contextes, voix et expériences. Les deux premiers événements - un film pour chacun d’entre eux est présenté - sont l'action lors du sommet de la COP21 à Paris en décembre 2015 et le blocus d'un site d'extraction de combustibles fossiles en Allemagne en mai 2016.


Proposition artistique



Everything's coming together while everything's falling apart
Un projet de film en cours par Oliver Ressler

Le projet suit le mouvement climatique dans ses luttes pour démanteler un système économique fortement dépendant des énergies fossiles. Il enregistre les événements clés du mouvement climatique, rassemblant de nombreuses situations, contextes, voix et expériences.
Dans le premier film, des militants contestent la Conférence de l'ONU sur le changement climatique à Paris en 2015, qui a prouvé l'incapacité des gouvernements à s'engager à tout accord contraignant qui réduirait le réchauffement climatique.
Le film sur l'action Ende Gelände met l'accent sur une action massive de désobéissance civile dans les champs de charbon de lignite de Lusace (près de Berlin), où 4000 militants sont entrés dans une mine à ciel ouvert.
Le film sur la ZAD se concentre sur le plus vaste territoire autonome d'Europe issu de la lutte contre le nouvel aéroport de Nantes en France. Le ZAD est un exemple réussi de la création d'alternatives et de la résistance qui doivent se produire en même temps.
Le film sur Code Rood montre une action de désobéissance civile dans le port d'Amsterdam en juin 2017, deuxième port de charbon d'Europe.

www.ressler.at/everythings_coming_together/

Jussi Parikka

Dr Jussi Parikka est professeur à la Winchester School of Art (Université de Southampton) et Docteur en Théorie de la Culture numérique à l'Université de Turku. Ses différents livres ont abordé un large éventail de sujets proposant une compréhension critique de la culture en réseau, de l'esthétique et de l'archéologie des médias de la société contemporaine. Ces ouvrages incluent la trilogie sur écologie des media Digital Contagions (2007, 2e éd. 2016), le primé Insect Media (2010) et, plus récemment, A Geology of Media (2015), qui aborde les contextes environnementaux de la culture médiatique technique. En outre, Parikka a publié des ouvrages tels que What is Media Archaeology (2012) et a écrit Writing and Unwriting (Media) Art History (avec Joasia Krysa), sur le pionnier des arts médiatiques finlandais Erkki Kurenniemi. Il est également coauteur de Across and Beyond: – A transmediale Reader on Post-digital Practices, Concepts, and Institutions (Sternberg Press, 2016, rédigé avec Ryan Bishop, Kristoffer Gansing et Elvia Wilk). Le site & blog de Parikka est sur http://jussiparikka.net et il est également sur Twitter sous @juspar.

http://jussiparikka.net


Certaines personnes disent ne pas s'inquiéter de l'air

Cette présentation parle d'air et du manque d'air. L'air est plein d'azote, d'oxygène, de lumière, de nuages, de vent, de pollution, de radio, d'avions, de satellites, de signaux, de poussière, d'oiseaux et plus encore.
 La solidité du récit sur l'Anthropocène en tant que période géologique cède la place aux diverses qualités dynamiques qui se rapportent aux autres éléments tels que les liquides et les températures. Un point de vue culturel et médiatique sur l'Anthropocène commence également à être différent du point de vue de l'autre des trois éléments qui, bien sûr, sont plus complexes quand il s'agit de leur composition chimique réelle et encore moins de leurs effets sur les poumons humains et reste du corps. La solidité géologique de l'Anthropocène cède la place à quelque chose que le philosophe Luce Irigaray expliquait déjà: l'air a été la pensée impensable de Martin Heidegger et de bien d'autres qui sont l'épine dorsale infrastructurelle d'une grande partie de la philosophie contemporaine. Ou alors, d'une manière un peu plus directe, prenez les paroles de Talking Heads:
 
Qu'est-ce qui arrive à ma peau?
Où est cette protection dont j'avais besoin?
L'air peut vous blesser aussi
L'air peut vous blesser aussi
Certaines personnes disent ne pas s'inquiéter de l'air
Certaines personnes n'ont jamais eu d'expérience avec ...
 
Même si nous ne voulons pas prendre la chanson Air de Talking Heads (tirée de l'album Fear of Music, 1979) pour une note sur le changement climatique anthropique et la pollution de l'air, elle donne le ton de manière appropriée. Cette conférence abordera la question de l'air et de sa pollution et les différents contextes politiques, médiatiques théoriques et matériels dans lesquels elle est enregistrée.

Aimée Mullins

Aimée Mullins est une athlète olympique, un modèle révolutionnaire, une personnalité clé du design technologique et une actrice. Née sans fibula, elle a été amputée sous le genou à l'âge d'un an et a appris à marcher sur des prothèses. Elle a fait partie des trois étudiantes sélectionnées pour une bourse académique du Département de la Défense et à 17 ans elle est devenue la plus jeune personne à détenir une autorisation d’accès au Pentagone. Pendant son séjour à Georgetown, elle est devenue la première femme amputée à participer à la National Collegiate Athletic Association (NCAA) et elle a joué un rôle déterminant dans la conception de prothèses en fibre de carbone inspirées du guépard, devenues maintenant la norme internationale pour les coureurs et coureuses amputé.e.s. Elle a été détentrice des records du monde au 100m, 200m et au saut en longueur. Mullins a fait ses débuts sur les podiums pour Alexander McQueen, devenant sa muse, tout comme celle de l’artiste Matthew Barney. En tant qu'actrice, elle apparaît actuellement dans la série primée Netflix Stranger Things. Mullins a été intronisé sur le National Women’s Hall of Fame en 2017 et fait partie du NCAA Hall of Fame et Track & Field Hall of Fame. Elle a pris part à des événements au Smithsonian, au Met, et au Women's Museum de Dallas, où elle est reconnue comme l'une des « plus grandes femmes américaines du XXe siècle ».

http://www.aimeemullins.com/

Baptiste Morizot

Agrégé et docteur en philosophie, Baptiste Morizot est maître de conférences à Aix-Marseille Université. Ses travaux sont consacrés aux relations entre l'humain et le vivant, en lui et hors de lui. Il a publié Les Diplomates. Cohabiter avec le loup sur une autre carte du vivant, 2016, aux éditions Wildproject (Prix de la Fondation de l'Ecologie Politique 2017 et Prix littéraire François Sommer 2016); et Pour une théorie de la rencontre. Hasard et individuation chez G. Simondon, aux éditions Vrin.

http://otmed.academia.edu/BaptisteMorizot


Diplomatie avec les vivants, retour au temps du mythe

Peut-on imaginer d'autres relations envers le vivant que celles dont l'Occident hérite ? Les modes de relations qui sont les nôtres, entre exploitation et protection, recèlent une fondamentale asymétrie entre nous et eux. Peut-on imaginer et activer des relations qui simultanément reconnaissent notre étrangeté d'animal humain, mais sans en faire le lieu d'une fracture qui nous condamne à des rapports "naturels" avec les êtres de nature ? 

L'effet le plus intrigant des métamorphoses environnementales sur nos relations aux vivants et au monde naturel devient visible si on fait un détour par ce que l'anthropologie nous apprend des réactions de certains peuples animistes au changement climatique. Dans les mondes animistes, la nature est socialisée de toutes parts, sauf dans les nœuds de mystère où résident des êtres de la métamorphose, dont la nature est indistincte, et envers qui on ne peut pas stabiliser de relation. Face à eux, il faut continuer à parler, à raconter, pour essayer de stabiliser des relations sociales. Or ces êtres sont l'anomalie dans les mondes animistes classiques, mais dans le Grand Nord, du fait des métamorphoses environnementales, les chasseurs Gwich'in n'arrivent plus à attraper les animaux, les animaux hybrides (coywolves et pizzlis) déjouent les savoirs ancestraux, les phénomènes incompréhensibles et imprévisibles se multiplient dans une nature auparavant bien socialisée : tout cela fait passer ces êtres de la métamorphose du statut d'anomalie à celui de norme (Nasatssja Martin, 2016). Or quand les êtres de la métamorphose, avec qui on n'a pas stabilisé de rapports sociaux deviennent la norme, c'est en monde animiste quelque chose comme le retour du temps du mythe. Je soutiens dans un raisonnement parallèle que le naturalisme très contemporain face au changement climatique se trouve lui aussi dans un nouveau temps du mythe.  L'argument, c'est que face au changement climatique, conjointement les sciences biologiques et l'écologie politique font émerger des figures de la nature et du vivant qui font éclater les statuts qu'on attribuait aux anciens êtres de nature, et qui déstabilisent les relations qu'on avait stabilisées envers eux. Qu'est-ce que la nature si la Terre devient Gaïa, l'individu humain un écosystème multispécifique peuplé de bactéries (un holobionte), si les animaux sauvages deviennent des interlocuteurs diplomatiques, et les champignons matsutakes des partenaires d'alliances? Plus rien de ce qu'on croyait savoir. Ces êtres qui sont devenus la norme sont des êtres métamorphiques, au sens précis où nous ne savons plus leur nature ni quelle relation envers eux stabiliser, or c'est là une définition raisonnable du temps du mythe. Alors que la Modernité s'était construite sur l'idée que l’avènement des sciences modernes serait le dernier temps du mythe, précisément parce que ce mythe là serait vrai, nous voilà peut-être plongés à nouveau dans un temps de cet ordre. Les vivants sont sortis de la nature pour entrer en politique, mais on ne sait pas encore sous quel statut, ils sont précisément dans ce statut préindividuel, non distinct, métamorphique, qui est celui du temps du rêve, et qui exige (c'est le second parallèle) qu'on parle, qu'on nomme, qu'on raconte, qu'on invente et qu'en même temps on retrouve, pour essayer conjointement d'individuer qui ils sont, de leur redonner noms et statuts, mais troisièmement (et c'est le troisième point commun avec le temps du mythe) pour stabiliser des rapports sociaux et politiques avec eux. Ils sont sortis de la nature, cela veut dire qu'on ne peut plus avoir des rapports de nature avec eux. On est obligés de devenir d'un certain point de vue perspectivistes, c'est à dire accepter qu'on est voués à des rapports sociaux et politiques avec les êtres de l’ancienne « nature ». 

Vanessa Lorenzo

Vanessa Lorenzo est une chercheuse basée à Lausanne. Elle crée des scénarios fictifs pour contextualiser l'utilisation de la biotechnologie et de la biologie DIY à travers des objets imaginés qui d’habitude influencent notre perception de notre environnement. Elle est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en design industriel (Mondragón, Espagne, 2008 et Barcelone, Espagne, 2010) et d’un Master en Media Design (HEAD – Genève, 2016). Actuellement, elle est chercheuse indépendante et artiste à Hybridoa, co-présidente du Hackuarium biohackerspace (Renens), membre du réseau international d'art collaboratif et biohacking Hackteria et membre de l'association transdisciplinaire Utopiana Genève.
Elle a reçu une distinction pour son projet de Master "Camera Obscura et les artefacts de l'invisible" en collaboration avec Biodesign pour le monde réel. Elle a présenté son travail dans « La Semiosphère du Commun » au Commun (CAC, Gevève, 2017) et au TouchMe Festival (Zagreb, 2017). Elle a participé à une résidence "Biofilia Urbana" au MediaLab Prado (Madrid, 2016) et Ars Bioarctica en Laponie Subartctique (Kilpisjärvi, 2017). Elle a présenté son travail sur le bioink et les biomatériaux "Prin (k) t plastique, c'est fantastique!" À l'Istituto Svizzero del Diseno (Milan, 2016), au Salone Internationale del Mobile (Milan, 2014) et à Lift Conference (Genève, 2015) et 2016) et LIFT (Genève, 2015).
Avec We Spoke Music Company et Hackuarium, elle a également présenté sa musique expérimentale et son travail sur les nouveaux médias "Living instruments" à KlangMoorSchopfe (Gaïs, 2017), l'Internationale Ferienkurse für Neue Musik (Darmstadt, 2016), au Bourg (Lausanne, 2016) et faisait partie du programme collaboratif Kammer Klang à Project Space avec une performance au Café Oto (Londres, 2017). Elle organise et conçoit des ateliers collaboratifs sur la bio-conception, l'idéation et le biohacking avec Hackuarium (Grand Lausanne), Utopiana (Genève) et collabore avec l'Open Science School (CRI, Paris).

https://vlorenzolana.myportfolio.com


La plupart des interactions entre les êtres humains et la Terre sont médiées par des objets technologiques, souvent influencées par un dualisme qui sépare la nature de la culture. Ces objets filtrent un large éventail de données provenant d'événements qui traversent des sphères (biosphère, lithosphère, ionosphère, sémiosphère, technosphère, etc.). Cette approche partielle de notre environnement hante notre perception et demande de nouveaux modes d'abstraction pour déchiffrer les secrets d'un changement global. En explorant la contribution possible des êtres vivants aux systèmes médiatiques, nous construisons un terrain commun qui permet l'équité en considérant les autres habitant.e.s au même niveau pour raconter des histoires au sujet de notre planète: des citoyen.ne.s avec une mémoire, des capacités de détection et le poids politique qui pourrait influencer la politique et nous aider à créer des formes de collaboration. Quel serait le dialogue entre un OGM doté de capacités de détection et un artefact toxique ? Est-ce que les champignons et les bactéries pourraient diffuser des données pour cartographier les techno-géographies de nos sites endommagés ? La mousse pourrait-elle nous donner des information sur l'anthropocène ? En nous appropriant les technologies et les protocoles scientifiques, nous pourrions créer de nouvelles écologies qui nous conduiraient vers des futurs alternatifs.

http://www.hybridoa.org
chttp://cargocollective.com/xgbml


Proposition artistique



Camera obscura & the artefacts of the invisible
Installation, 2017

Camera obscura & the artefacts of the invisible fait partie d'un projet de recherche en design qui vise à sensibiliser aux angoisses du progrès à l'ère de l'Anthropocène à travers les nouvelles écologies des médias. En fusionnant les médias électroniques, les artefacts toxiques et les organismes transgéniques, cette installation interactive utilise des bactéries comme témoin d'un changement écologique causé par un déversement massif de métaux lourds dans la vallée du Rhône depuis les années 1960. Depuis lors, l'incident a été globalement couvert, mal géré et tacite au niveau social, politique et/ou économique jusqu'en 2015, lorsque les travailleurs de l'autoroute A9 ont dévoilé l'évidence dormante qui s'étendait sous la boue du côté fluvial à Turtig (Vaud, Suisse). La Camera Obscura est un outil DIY, (bio)piraté, utilisant le dialogue "blackboxed" entre les bactéries et la matière toxique comme narrateurs non-humains (j'utilise soigneusement les non-humains ici, signifiant que la planète est endommagée). En changeant le narrateur, nous déchargeons une société qui se dérobe pour confronter le fait, pleurer la perte et accepter le changement écologique et chercher des futurs alternatifs.

Khalil Joreige & Joana Hadjithomas

Cinéastes et artistes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige (1969, Beyrouth) tissent des liens thématiques, conceptuels et formels entre photographies, installations vidéo, films de fiction ou documentaires. Autodidactes, ils sont devenus cinéastes et plasticiens par nécessité au lendemain des guerres civiles libanaises. Leur recherche très personnelle, proche de leurs rencontres, les amène à explorer la sphère du visible et de l’absence, nourrissant un fascinant va-et-vient entre la vie et la fiction. Depuis plus de quinze ans, leurs films et œuvres artistiques, produits à partir de documents personnels ou politiques, élaborent des récits sur des histoires tenues secrètes face à l’histoire dominante. Le processus d’enquête auquel ils ont recours, leur questionnement sur le territoire, autant géographique qu’individuel, confèrent à leur œuvre une esthétique particulière. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige construisent leur œuvre sur la production de savoirs, la réécriture de l’histoire, les constructions d’imaginaires, mais aussi autour des modalités de la narration contemporaine en prenant appui sur l’expérience de leur propre pays tout en dépassant ses frontières.
Leurs œuvres d'art et leurs films font partie des plus grandes collections privées et publiques, et ont été présentés dans des musées et centres d'art à travers le monde. Dernièrement, leur travail a été exposé au Centre Pompidou (Paris), au Jeu de Paume (Paris), Haus der Kunst (Munich), Sharjah Art Foundation (Sharjah), Ivam (Valencia), Solomon R. Guggenheim (New York), MIT, List Visual Arts Centre (Cambridge), Victoria & Albert Museum (Londres), British Museum (Londres), SF Moma (San Francisco); et de nombreuses biennales dont Istanbul, Lyon, Sharjah, Kochi, Gwangju, Yinchuan, Venise et la Triennale de Paris. En 2017 ils sont lauréats du Prix Marcel Duchamp pour le projet Unconformities, exposé au Centre Pompidou.

http://hadjithomasjoreige.com


Khalil Joreige et Joana Hadjithomas présentent leur dernier projet, "Unconformities", qui comme leur vidéo "Waiting for the Barbarians", montré dans l'exposition du colloque et inspiré par le poème éponyme de Constantine Cavafy, travaille sur les temporalités et confronte l'idée de la ville avec ses histoires complexes d'habitation. Ils créent des oeuvres issues de forage, qui révèlent et figent les mondes souterrains de Paris, d'Athènes et de Beyrouth: trois villes omniprésentes dans leur imaginaire personnel. Récupérés des chantiers de construction qui les mettent au rebut après utilisation, ces forages mettent en évidence leurs "discordances" - ruptures temporelles, catastrophes naturelles, mouvements géologiques - et révèlent la construction comme un processus cyclique, caractéristique déterminante des civilisations passées et présentes. L'histoire n'apparaît pas comme des couches mais comme des actions, une sorte de palimpseste mêlant des époques et des civilisations. Ces recompositions poétiques interrogent les formes dominantes de narration et de représentation de l'histoire, mais abordent aussi les débats autour de l'Anthropocène. Hadjithomas et Joreige ont présenté "Unconformities" au Centre Pompidou à Paris après leur nomination pour le Prix Marcel Duchamp, qu'ils ont remporté.


Proposition artistique



En attendant les barbares

Qu'attendons nous, rassemblés ainsi sur la place?

Les Barbares vont arriver aujourd'hui.

Pourquoi un tel marasme au Sénat? Pourquoi les Sénateurs restent-ils sans légiférer?

C'est que les Barbares arrivent aujourd'hui. Quelles lois voteraient les Sénateurs? Quand ils viendront, les Barbares feront les lois.

Pourquoi notre Empereur, levé dès l'aurore, siège-t-il sous un dais aux portes de la ville, solennel, et la couronne en tête?

C'est que les Barbares arrivent aujourd'hui. L'Empereur s'apprête à recevoir leur chef; il a même fait préparer un parchemin qui lui octroie des appellations honorifiques et des titres.

Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs arborent-ils leur toge rouge brodée? Pourquoi se parent-ils de bracelets d'améthystes et de bagues étincelantes d'émeraudes? Pourquoi portent-ils leurs cannes précieuses et finement ciselées?
C'est que les Barbares arrivent aujourd'hui, et ces coûteux objets éblouissent les Barbares.

Pourquoi nos habiles rhéteurs ne pérorent-ils pas avec leur coutumière éloquence?
C'est que les Barbares a arrivent aujourd'hui. Eux, ils n'apprécient ni les belles phrases ni les longs discours.

Et pourquoi, subitement, cette inquiétude et ce trouble? Comme les visages sont devenus graves! Pourquoi les rues et les places se désemplissent-elles si vite, et pourquoi rentrent-ils tous chez eux d'un air sombre?

C'est que la nuit est tombée, et les Barbares n'arrivent pas. Et des gens sont venus des frontières, et ils disent qu'ils n'y a point de Barbares...
Et maintenant, que deviendrons-nous sans Barbares? Ces gens-là, c'était quand même une solution.


En attendant les barbares (2013)
Vidéo HD, couleur, son, 4 min 30 s, français et anglais en alternance
Coproduction Onassis Cultural Centre for the Visual Dialogues

En notre époque troublée, marquée par les guerres, les récessions économiques et la perte des idéaux, la parole de Constantin Cavafy, dans son poème « En attendant les barbares », se révèle plus que jamais d’actualité. Elle trouve de puissants échos dans nos sociétés, et résonne là où l’inattendu est toujours possible et où le désir et la poésie pourraient peut-être s’opposer à la violence et au pouvoir.
Différents instants se mêlent les uns aux autres, produisant des images impossibles et évoquant des visions surnaturelles. La photographie s’anime par l’effet des superpositions d’images, comme un enchevêtrement du temps, de l’espace et du mouvement, suscitant ainsi une tension entre immobilité et mouvement. Les temporalités et la nature s’en trouvent bouleversés et plusieurs soleils apparaissent sur des horizons multiples.

Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós

Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós sont cinéastes, théoriciens de l’art et commissaires d’exposition basés à Paris, fondateurs de la plateforme curatoriale le peuple qui manque. Ils développent depuis plusieurs années un projet de recherche qui appelle à une nouvelle écologie des savoirs, à partir de formats curatoriaux, qui scénographient la pensée contemporaine (fictions diplomatiques, procès fictifs, mises en scène de controverses, assemblées et expériences de pensée à l’échelle 1:1). Parmi leurs derniers projets curatoriaux et expositions, Le procès de la fiction (Nuit Blanche, 2017), Une Constituante migrante (Centre Pompidou, 2017), A Government of Times (Rebuild Foundation, Chicago, Leipzig, 2016), La frontera nos cruzo (Museo de la Inmigracion, Buenos Aires, 2015), Post-exotisme (New Haven Fort, UK, 2015), Cinéma Permanent in Leiris & Co (Centre Pompidou Metz, 2015), Au-delà de l'Effet-Magiciens (Fondation Gulbenkian, Laboratoires d'Aubervilliers, 2015), The Accelerationist Trial (Centre Pompidou, 2014), Le procès d’une polémique : Jan Karski, histoire et fiction (HEAD Genève, 2014), La géografia sirve, primero, para hacer la guerra (Museo de la Memoria, Bogota, 2014), A Thousand Years of NonLinear History (Centre Pompidou, 2013), Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. (Bétonsalon - Centre d’Art et de Recherche, 2013), L’artiste en ethnographe (Quai Branly - Centre Pompidou, 2012), Que faire ? art/film/politique (Centre Pompidou, Palais de Tokyo, Beaux-Arts de Paris, 2010). Membres du comité de rédaction de la revue Multitudes, du comité éditorial des Prairies Ordinaires, ils étaient en 2015-2016 résidents du programme de résidence de la Méthode Room à Chicago, à la Rebuild Fondation.
Kantuta Quirós est Maître a. associée SHS à l'Ecole Nationale Supérieure d’Architecture. Aliocha Imhoff enseigne le cinéma et la théorie de l’art à l'Université Paris 1. Ils ont dirigé Géoesthétique (Editions B42, 2014), Histoires afropolitaines de l’art, Multitudes 53-54 (2014), publié Les potentiels du temps, Manuella Editions, 2016. Ils développent en ce moment Les Impatients, un film-essai, une série chronopolitique.

http://www.lepeuplequimanque.org


« On a pu décrire nos temps comme ceux des années d’hiver – une ère de glaciation des possibilités. Face à cette crise de l’avenir que traverse notre début de 21ème siècle, les Impatients sont ceux qui œuvrent à un mouvement de reconstruction de l’avenir, des avenirs. Ils sont ceux qui portent en eux cette impatience à l’égard d’une Histoire qui semble désormais immobile, arrêtée.
Depuis cette crise du futur, cette série surgit alors, pour nous, de l’urgence de retrouver des possibilités pour l’avenir. Nous partons en quête de traces, d’indices d’avenirs possibles que nous collectons et rassemblons. Ces salves d’avenir, dont de nombreux artistes et penseurs témoignent aujourd’hui, nous cherchons à les coudre ensemble. Nous pensons cette enquête en rhapsodes – le rhapsode, cet arpenteur qui va de ville de ville, pour dire les poèmes des autres, ce chercheur, cet agent de liaison qui, au sens premier du mot, a soucis de coudre, de lier les espaces les uns aux autres, continûment, jusqu’aux limites du monde habité.
Chaque épisode démarre ainsi depuis un chronotope, un espace-temps particulier, depuis lequel s’invente une pensée temporelle singulière. Les corps que nous filmons à Chicago, à Detroit, à Dakar, à Paris, à Leipzig et bientôt en Haïti, à Lagos, incarnent des cristaux de temps, loin de la fiction de ce temps homogène de la globalisation, de ce fantasme d’une simultanéité globale.
Nous filmons à Chicago, à Detroit où les ruines crépusculaires de la crise des subprimes et les blessures infligées aux vies noires sont contredites par les imaginations afrofuturistes et le mouvement des Black Live Matters. Nous filmons à Dakar, où se dessinent les frémissements d’un autre avenir pour l’Afrique. Nous filmons à Leipzig où a commencé historiquement le mouvement qui allait conduire à la chute du mur de Berlin. Nous filmons à Paris, pendant Nuit Debout où l’on a défait les calendriers et où a ressurgi, telle une épiphanie, cette joie commune de retrouver une possibilité du politique. »
— KQ & AI


Proposition artistique



Les Impatients
Une série chronopolitique
Un film d’Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós (en cours de développement) 
Production : Spectre / Phantom
Avec le soutien de la commission Mécénat de la FNAGP.
Featuring Steven Shaviro, Krista Franklin, Amir George, Devin Cain, Devin King & Caroline Picard, Ytasha L. Womack, Joshua Rios, Ellen Rothenberg, Michelle Wright, Camille de Toledo, Ibaaku, Ican Ramageli (Laboratoire Agit’Art), Felwine Sarr, Malick Ndiaye, Maurizio Lazzarato, François Hartog, ….
Le premier épisode à Chicago/Detroit, a été tourné dans le cadre de la résidence Méthode Room, dirigée par Guillaume Désanges, à la Rebuild Foundation (fondée par l’artiste Theaster Gates), avec le soutien de l’Institut Français, les Services Culturels de Ambassade de France aux Etats-Unis, l’Université de Chicago, le Théâtre de la Ville. D’autres épisodes sont en cours de développement (Paris, Dakar, Leipzig, avec le soutien de la Halle 14 Centre d’Art contemporain de Leipzig).

Lauren Huret

Lauren Huret est née en 1984 et vit actuellement à Genève. Après un premier master aux Beaux-Arts de Bordeaux (2008), elle s'installe en Suisse pour faire un deuxième Master en arts visuel à la HEAD- Genève au sein du WORK.MASTER (2013). Son travail visuel, composé principalement de vidéos, de performances et de collages, repense nos rapports ambigus et confus face à la machine, plus particulièrement ceux liés aux nouvelles technologies et aux nombreuses inconnues qui en résultent. Son travail a été montré, entre autres, à La Panacée de Montpellier, à la Kunsthaus Langanthal, à la galerie Hard Hat à Genève, au musée Rath de Genève, au Copenhagen Contemporary. Ses performances ont été montré lors du festival Suisse pour la performance au Kunstmuseum de Lucerne, au Schinkel Pavillon de Berlin, au Théâtre de l’Usine de Genève, au festival Les Urbaines à Lausanne.

www.laurenhuret.com


Sur les images maudites

À l’heure de reddit, de 4chan, des images virales et de l’accès immédiat à toutes sortes de contenus, j’essaierai d’explorer l’histoire de l’image en tant qu’expérience de malédiction, ou « d’image qui peut pourrir l’âme ».


Proposition artistique



Les âmes suspendues
Vidéo HD, PAL, boucle, sans son, 30', 2017, co-production HEAD – Genève

Entièrement réalisée avec un smartphone et une application de reconnaissance faciale, la vidéo est composée d'une collection de tentatives de remplacements identitaires et d’échanges inattendus entre visages/objets. En quête d'apparitions spectrales dans des contextes variés, l'application essaie de reconnaître les traits du visage d’une femme sur tout ce qui lui ressemble et y superpose ses propres masques étirés, vides, inquiétants. Les résultats vidéos obtenus sont des sortes de « paréidolies algorithmiques » hallucinatoires.

Marguerite Humeau

Marguerite Humeau (née en 1986, France) vit et travaille à Londres. Elle a étudié à la Design Academy d'Eindhoven et au Royal College of Art de Londres où elle a obtenu son MA en Design Interactions en 2011. Son travail a été montré dans diverses expositions individuelles et collectives dans des galeries et des musées comprenant le Palais de Tokyo, le Château de Versailles, la Haus Konstruktiv, la Tate Britain (Londres), Nottingham Contemporary, la High Line (New York), le Manifesta11 (Zürich), le Schinkel Pavillon (Berlin), le Museum of Modern Art (New York) et la Hayward Gallery (Programme de tourisme).
Elle enseigne actuellement à HEAD - Genève et Open School East (Margate).
Le travail de Marguerite Humeau met en scène la traversée de grandes distances dans le temps et l'espace, les transitions entre l'animal et le minéral, et les rencontres entre les désirs personnels et les forces naturelles. Le travail explore la possibilité de communication entre les mondes et les moyens par lesquels la connaissance est générée en l'absence de preuves ou par l'impossibilité d'atteindre l’objet de recherche.
Marguerite Humeau tisse des événements factuels dans des récits spéculatifs, permettant ainsi à des formes de vie inconnues, invisibles ou éteintes de jaillir de manière grandiose. Confondant la préhistoire, la biologie occulte et la science-fiction dans un spectacle déconcertant - les œuvres ressuscitent le passé, confondent souterrain et sous-cutané, tout en mettant à jour le style de l’enquête pour l'âge de l'information.

http://www.c-l-e-a-r-i-n-g.com/artists/marguerite-humeau/


Proposition artistique



RIDDLES
Le complexe d'œuvres RIDDLES consiste en cinq projets et expositions qui ont eu lieu en 2017 à High Line à New York, C L E A R I N G New York / Bruxelles, au Schinkel Pavillon à Berlin, au Bosquet de l'Arc de Triomphe dans les jardins du Château de Versailles et à la Haus Konstruktiv à Zürich.
Le personnage au centre de toutes les expositions RIDDLES est celui du sphinx, un composite humain-animal présent dans toutes les civilisations du monde, dont les débuts remontent à l'histoire primitive de l'humanité. Dans la mythologie égyptienne et grecque, une fonction protectrice est attribuée au sphinx : sa capacité de protéger l'humanité contre des ennemis potentiels. Dans la Grèce antique, il décidait également de la vie ou de la mort en fonction de la réponse correcte ou fausse à une énigme. Marguerite Humeau crée des ponts entre le passé et le présent, faisant l'hypothèse que les systèmes de surveillance actuels, les drones par exemple, sont directement issus de la figure antique du sphinx.
Tout en recherchant les origines du sphinx, l'artiste a découvert l'Homme Lion, une figurine âgée de 35'000 à 41'000 ans, découverte en 1939 dans la grotte de Hohlenstein-Stadel dans la vallée de Lonetal. Cela montre que des figures semblables à des sphinx avaient déjà été créée à l’époque Paléolithique supérieur, lorsque les humains étaient exposés à des animaux sauvages et n'étaient pas encore devenus les espèces dominantes sur Terre. Une autre observation soutient cette théorie : les vautours et les lions, qui composent ensemble la figure du sphinx, et qui sont souvent aperçus dans les premières représentations des conflits, sont deux des espèces rares à manger de la chair humaine. Cela a conduit l'artiste à supposer que les premiers humains ont inventé la figure du sphinx comme une divinité protectrice pour se prémunir contre les attaques ennemies. Humeau voit le sphinx comme un hybride de tous les assaillants menaçants, qu'il protège et menace aussi.

Arne Hendriks

Parfois appelé un écologiste radical, Arne Hendriks (Amsterdam, 1971) étudie ce qu'il faudra mettre en œuvre pour faire effectuer les véritables de changements de paradigmes fondamentaux qui permettraient à l'espèce humaine d'adopter un mode d'existence différent. Plutôt qu'une fixité, Hendriks considère l'humanité comme un état temporaire de signifiants biologiques et culturels qui peuvent être examinés et modifiés. Il combine déclarations sérieuses et humour ironique, faits scientifiques et explorations spéculatives sur ce qui pourrait ou devrait arriver. Ses installations présentent des recherches en cours qui invitent le public à participer et à forger sa propre opinion. En 2013, Hendriks a reçu le Prix du design néerlandais Future Concepts pour son projet de recherche spéculative The Incredible Shrinking Man, une étude sur les possibilités de réduire l'espèce humaine pour mieux l'adapter à la terre. Il a été nommé l'un des cinquante penseurs du futur par ICON Magazine et enseigne dans le monde entier. Ses projets en cours incluent KankerCel, l'écriture d'un récit économique inspiré par la recherche sur le cancer, Evacuation (8 Billion City), sur la réinstallation de la population humaine en un point unique, The Academy of Work, une série d'installations spéculatives sur le passé, le présent et l'avenir du travail et Fatberg, la création collective d'une île de graisse flottante.

http://www.arnehendriks.net/
http://www.the-incredible-shrinking-man.net/


Proposition artistique



The Incredible Shrinking Man. Une conférence performative sur la réduction de l'espèce humaine.

Au cours des 8 dernières années, Arne Hendriks a étudié si et comment l’espèce humaines peut devenir plus petite. The Incredible Shrinking Man étudie la possibilité d'une espèce humaine à taille réduite. À l'heure actuelle, la pénurie menace l'homo sapiens. Nous devons donc rétrécir pour accéder à l’abondance. L’être humain est l'une des espèces les plus variables sur terre. La personne la plus petite connue de l'histoire humaine était Chandra Bahadur Dangi, au Népal. Elle mesurait 54,6 centimètres. L'Américain Robert Wadlow était la plus grande avec une taille de 2 m72. The Incredible Shrinking Man suggère d’atteindre les 50 centimètres. À cette hauteur, nous avons besoin de moins de 25% des ressources nécessaires aujourd'hui. Le défi est moins dans les moyens de rétrécir (c'est une question de gènes et de nourriture), que dans le désir de changer de taille. En effet, les gens ont un amour irrationnel pour la grandeur, la croissance, le toujours plus. Nous ne voulons pas rapetisser, pourtant, nous le devons. Arne Hendriks partagera ses idées sur la façon de surmonter l'impossible et de faire les premiers pas vers une espèce humaine plus petite. Règle numéro un: suspendre l'incrédulité.

Michael Hansmeyer

Michael Hansmeyer est un architecte et programmeur qui explore le rôle du calcul pour générer et fabriquer des formes architecturales. Ses projets récents incluent la construction de deux grottes imprimées en 3D grandeur nature pour le Centre Pompidou (Paris) et l'exposition Archilab du FRAC (Orléans), une installation de colonnes subdivisées à la Biennale du Design de Gwangju (Corée du Sud) et la série Platonic Solids. Plus récemment, il a enseigné comme professeur invité à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne (Autriche). Auparavant, il a enseigné à l'Institut fédéral suisse de technologie (ETH) à Zurich et à l'Université du Sud-Est à Nanjing (Chine). Il a par ailleurs travaillé dans le studio d’architectes Herzog & de Meuron et dans les domaines du conseil et de la finance, respectivement chez McKinsey & Company et J.P. Morgan.

http://www.michael-hansmeyer.com/


Proposition artistique



Digital Grotesque II
Tools of Imagination

Digital Grotesque II est une grotte imprimée en 3D grandeur nature qui explore comment les progrès technologiques et de fabrication de technologies peuvent créer de nouveaux mondes architecturaux. Il s’agit d’une forme purement informatique de 1,3 milliard de surfaces matérialisées grâce à 7 tonnes de grès imprimé. La grotte est optimisée pour présenter des géométries très variées qui créent une expérience spatiale riche et stimulante à observer. Un algorithme de subdivision récemment développé exploite les potentiels de l'imprimante 3D en créant des structures poreuses et multicouches avec une profondeur spatiale. Un seul volume engendre des millions de branches, se développant et se repliant dans une structure topologique complexe. Des centaines de mètres carrés de surface sont compressés en un bloc de 3,5 m de hauteur qui forme un paysage organique entre l'être humain et le naturel. Debout devant la grotte, on est frappé par la richesse des détails jusque-là invisibles et qui devient parfois écrasante. Digital Grotesque II témoigne des possibilités d'un nouveau type d'architecture qui abandonne les paradigmes traditionnels de la rationalisation et de la standardisation et met l'accent sur la perception du spectateur - évoquant la merveille, la curiosité et la perplexité.

Ying Gao

Designer de mode et professeure, Ying Gao s'est distinguée par la réalisation de nombreux projets de création présentés lors de six expositions individuelles en France, en Suisse et au Canada, ainsi que dans le cadre d’une soixantaine d’expositions collectives à travers le monde ( MAK Vienna, MFA Boston, Ars Electronica …). Son travail de création multiple a été relayé par une couverture médiatique internationale, au travers de plus de 350 articles de presse dans les médias (Time, METAL, Vogue, Dazed and Confused, Interni, Radio Canada, TV5… ). Ying Gao compte parmi les «Fab 40: Canada» sélectionnés par le magazine Wallpaper. Ying Gao remet en question la notion de vêtement tel qu’on le connaît en alliant le design urbain, l’architecture et le média interactif. Elle explore la construction d’une pièce de vêtement en puisant son inspiration dans les transformations de l’environnement urbain et social. Ses créations sont reconnues dans le monde entier et régulièrement exposées dans des musées et des galeries. Ying Gao considère le design comme le média, mais dans une acception plus technologique que textile du terme : une technologie sensorielle qui donne au vêtement une valeur ludique et participative. Elle interroge à la fois le statut de l’individu dont les contours physiques sont transformés par les interférences extérieures, et la fonction du vêtement comme espace fragile de protection. Ainsi, témoin de l’univers en profonde mutation dans lequel nous vivons, son travail est porteur d’une dimension critique radicale qui dépasse l’expérimentation technologique.

http://yinggao.ca/fr/


Proposition artistique



Possible Tomorrows
Tulle de nylon, fils de nylon, fils de PVDF, thermoplastique, composants électroniques

Les deux vêtements robotisés sont connectés à un système de reconnaissance d'empreintes digitales. Mais, en détournant la notion de sécurité, ils ne s’animent qu’en présence de personnes inconnues dont les empreintes digitales sont rejetées par le scanner. L’esthétique et le mouvements des vêtements rappellent les hypotrochoïdes, empruntés par le jeu vintage Spirographe, ces courbes planes sont décrites par un point lié à un cercle mobile roulant sans glisser sur et intérieurement à un cercle de base. Le design a été développé à partir d'une série d’algorithmes apparentés au domaine de la reconnaissance de motifs - nuages de points.




Neutralité : Can't and Won't
2 robes interactives. Super organza, mesh de coton, PVDF, composants électroniques. 

Deux robes, nommées « Can’t » et « Won’t », dont l'esthétique et les mouvements rappellent la vie microbienne, réagissant au système de reconnaissance d’expression faciale, cessent de s’animer dès que le visage de celui qui les contemple sort de l’immobilisme. Paradoxe. Les robes « Can’t » et « Won’t » poussent un peu plus loin la notion de la fausse neutralité, exigeant du spectateur, habituellement hyper sollicité, réactif et expressif, qu’il adopte une posture de retenue absolue. C’est à cette condition seule que se prolonge la « vie » du vêtement, son mouvement étant déjà amorcé avant l’apparition du visiteur : un appel à l’humilité en rupture de ton avec la société d’hyperexpressivité dans laquelle nous évoluons. Partie prenante d’un système « vivant » par défaut, le spectateur devient alors composante d’un écosystème qui s’auto-génère, comme suggère le philosophe français Edgar Morin dans La Méthode, La Vie de la vie : « l’auto-éco-organisation signale la multiplicité des relations possibles dans une organisation vivante, elle est à la fois fermée sur elle-même et infiniment ouverte à l’environnement et à sa diversité ». Un aller-retour entretenu par un jeu de trompe l’œil où se mêlent, en va et vient, mouvements robotisés et effets de lumières, créant l’illusion d’une infime et délicate respiration. 

Cécile B. Evans

Partant de la relation entre l'homme et les nouvelles technologies, le travail de Cécile B. Evans se penche sur la valeur des émotions dans la société contemporaine en explorant de nouvelles formes de subjectivité humaine.

http://cecilebevans.com


Proposition artistique



Feeling For You

Feeling For You est une conférence performative continue, fréquemment mise à jour, qui transforme la pratique de l'artiste en une série d'anecdotes personnelles, de recherches sur google, d'images, de réactions du public et de clips vidéo. Reprenant le travail commencé par Evans ces dernières années, l'exposé suit la même logique des « hyperliens » que celle utilisée dans des projets récents comme Hyperslinks, It did not Happen ou AGNES. En abordant l'essor de la technologie numérique et les réactions déconcertants que celle-ci crée au sein de la société, Cécile B. Evans saisit l'occasion de remettre en question les dernières années de son propre travail, y compris des projets tels que Spung A Leak, What the Heart Wants et Amos World.

Kodwo Eshun

Kodwo Eshun est Maître de Conférences en Théorie de l'Art Contemporain à Goldsmiths, University of London, Professeur invité à la Haute Ecole d'Art et de Design, HEAD – Genève et co-fondateur de The Otolith Group.

http://otolithgroup.org


La science-fiction de Kojo Bernard Laing à partir de l'an 2020.

Major Gentl and the Achimota Wars, le troisième roman écrit en 1992 par le romancier et poète ghanéen Kojo Bernard Laing, est l’œuvre de science-fiction la plus conséquente écrite à ce jour dans laquelle l'avenir du continent africain constitue le terrain et l'enjeu des forces belligérantes. Situé en l'an 2020, Major Gentl and the Achimota Wars raconte le droit d'inventer l'avenir comme une guerre pour et sur l'existence future du continent. La vision antagoniste de Laing sur l’an 2020 pose des problèmes et des possibilités pour la pensée future des devenirs de la science-fiction. De quelle manière la science-fiction de Laing à propos de l’an 2020 met-elle sous pression les prédicats qui soutiennent les futurs racontés par les fictions de la science?

Yves Citton

Yves Citton est professeur de littérature et media à l’université Paris 8 Vincennes-Saint Denis et co-directeur de la revue Multitudes. Il a publié récemment Médiarchie (Paris, Seuil, 2017), Pour une écologie de l’attention (Paris, Seuil, 2014), Gestes d’humanités. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques (Armand Colin, 2012), Renverser l’insoutenable (Seuil, 2012), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Paris, Éditions Amsterdam, 2011), L’Avenir des Humanités. Économie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (Éditions de la Découverte, 2010), ainsi que Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche (Éditions Amsterdam, 2010). Ses articles sont en accès libre sur www.yvescitton.net.

www.yvescitton.net


Surprendre des emprises des programmations

Nous répétons que nous vivons dans un monde de « données » (data), en oubliant souvent qu’elles résultent toutes de « prises » (capta). Le rôle conjoint des artistes et des scientifiques pourrait bien être désormais de sur-prendre la façon dont les programmes gèrent la capture et le traitement des entre-prises dont se nourrissent les modèles économiques dominants. De quels types de sur-prises les gestes artistiques contemporains nous donnent-ils le modèle ? Quelle valeur politique pouvons-nous en tirer ? Cette intervention sollicitera la riche pensée de Vilém Flusser pour cadrer les enjeux de ce qui se joue entre nos gestes humains et les appareils programmés qui constituent désormais notre environnement de travail et de vie. Il ne s’agira ni de prôner une retraite de déprogrammation, loin des emprises néfastes et totalitaires de la programmation, ni de se contenter de reprogrammer (un peu mieux) les algorithmes de la computation ubiquitaire. L’enjeu semble plutôt consister à sur-prendre ce qui nous prend, sans prétendre pour autant lui échapper, mais en espérant faire dévier le cours des inéluctables entre-prises qui trament notre quotidien et notre avenir.

Olaf Blanke

Olaf Blanke est le fondateur et directeur du Centre de Neuroprothèses et titulaire de la Chaire Bertarelli en neuroprothèses cognitives à l'EPFL. Il dirige le Laboratoire de neurosciences cognitives à l'EPFL et exerce comme professeur en neurologie au CHU de Genève. La recherche en neurosciences de Blanke est consacrée à l'étude de la conscience et à la façon dont le traitement corporel du cerveau encode le «soi», incluant ses altérations fascinantes telles que les expériences d'être hors de son corps ou les sensations fantômes. Son travail inclut une recherche technologique pionnière dans le domaine de la réalité virtuelle et de la robotique dédiée au contrôle et à l'habilitation des états mentaux subjectifs complexes (c'est-à-dire l'ingénierie d'expérience). Dans sa recherche médicale, Blanke développe des dispositifs et des procédures pour le diagnostic et la thérapeutique dans plusieurs conditions neurologiques dont l'amputation, la douleur chronique, la schizophrénie et la maladie de Parkinson. Blanke s'intéresse depuis longtemps aux liens entre arts et neuroscience, il a récemment publié “Lignes de fuite. Vers une neuropsychologie de la peinture”. Il a également publié plusieurs articles sur l'autoportrait et a collaboré avec les artistes visuels Melvin Monti, Luca Forcucci, Nicole Ottiger, Isabella Pasqualini et Mark Boulos.

http://lnco.epfl.ch/olaf.blanke


Des membres bioniques et organismes substituts aux sois numériques et aux expériences hors du corps: neurosciences, robotique et réalité virtuelle.

La technologie robotique et haptique moderne, sous forme de robotique chirurgicale, de prothèse et de robotique de réadaptation, a été largement appliquée pour l'amélioration des procédures chirurgicales, l'apprentissage de nouvelles capacités et la restauration des fonctions sensorimotrices perdues. Des progrès sans précédent ont également été faits en neuroscience et particulièrement dans la compréhension du cerveau humain. Ce travail a permis de découvrir la structure et les fonctions du cerveau, y compris les processus neuronaux et les réseaux qui définissent comment le corps est représenté dans le cerveau et comment ces mécanismes du cerveau permettent la conscience humaine et le soi. Je présenterai d'abord nos récents travaux en psychologie, neurosciences et technologies numériques (réalité virtuelle) qui ont lié la conscience et le soi au traitement des signaux corporels par des processus neuronaux spécifiques. Ensuite, je montrerai comment ces connaissances scientifiques, si elles sont liées à l'expertise technique en robotique et en réalité virtuelle, peuvent être appliquées à la conception de membres bioniques puissants, de la robotique aéronautique et de la médecine. Je conclurai en esquissant le futur de l'intégration complète des technologies numériques avec les neurosciences et la robotique afin de développer ce que je propose d'appeler l'expérience de l'ingénierie du corps et du soi.

J. G. Biberkopf

J. G. Biberkopf travaille sur la relation paradoxale entre la musique club et la musique artistique. Il crée un collage dont ses influences influences vont de la dark écologie, aux études sonores, à l'architecture, à la théorie des médias, aux mouvements existentialistes, au théâtre post-dramatique, au grime et à la musique concrète. Son premier EP, intitulé Ecologies, a lancé le nouveau label Knives créé par Kuedo et Joe Shakespeare, de Motto Books (Berlin). De la cyber ambiance et des constructions rythmiques qui tapent, aux traces instantanées de grime trouvée sur internet, et à des études sans fin de phénoménologie d’internet, Ecologies était conçu comme une excursion dans les représentations de la nature qui émergent du paysage médiatique (et social). La deuxième édition de la série Ecologies II: Ecosystems of Excess explore les écologies de la vie urbaine et est sorti le 11 novembre 2016. Il travaille maintenant au développement de cette série dans une pièce conçue pour être réalisée dans un contexte théâtral. Le titre de la trilogie reflète plus largement la pratique musicale globale de Biberkopf, à savoir l'envie de faire de la musique une écologie "autosuffisante" qui ne peut pas lui être attribuée en tant que créateur, mais qui semble plutôt provenir d'un paysage réel. Dans cette veine, il travaille intensément avec des signifiants sonores, prenant des sons qui sont au premier plan dans la sphère publique, et des bruits qui fonctionnent comme des signes ou des mèmes, pour explorer la sémiotique du son. J. G. Biberkopf fait partie du projet de Gediminas Žygus, dont les œuvres et collaborations passées ont été exposées et interprétées au club Berghain (Allemagne), au Centre Pompidou (France), au Barbican Center (Royaume-Uni), au Paradiso (NL), à The Kitchen (États-Unis) et au CAC-Vilnius, Rupert (Lituanie). Il a fait partie de l'équipe de coordination du Newman Festival ainsi que de la série d'événements Unthinkable Nomos. Son dernier EP Fountain of Meaning est sorti le 8.12.2017 sur le label suisse Danse Noire.

https://soundcloud.com/jgb-k


Proposition artistique



Concert live

Mechanics of Overflow, Ushered Across a Feed
J. G. Biberkopf, Ecologies II: Ecosystems of Excess
Livret en collaboration avec Maximage et Deforrest jr. Brown
Téléchargement du booklet (PDF)

Joanna Berzowska

Joanna Berzowska est vice-doyenne à la recherche de la Faculté des Beaux-Arts à l’Université Concordia à Montréal aussi bien que fondatrice et directrice de recherche du XS Labs, laboratoire de recherche en textiles électroniques et vêtements interactifs. Elle est la directrice des textiles intelligents de la compagnie Montréalaise OMsignal, où elle a développé une collection de vêtements biométriques en collaboration avec Ralph Lauren qui permettent de mesurer et analyser les signaux du corps humain. Elle recherche les matériaux et les technologies novateurs aussi bien que les applications possibles en ce domaine, avec un focus sur les méthodes innovantes de création de textiles électroniques et de vêtements réactifs. Elle a travaillé au Massachussetts Institute of Technology (MIT) et a participé à de nombreuses conférences internationales sur les tissus électroniques et leur porte sociale, culturelle, esthétique et politique. Ses créations ont été montrées au Cooper Hewitt Design Museum, NYC, Victoria & Albert Museum, Millenium Museum, Beijing, Siggraph Art Galleries, ISEA, Australian Museum à Sydney, et NTT ICC à Tokyo.

www.berzowska.com


Mode future et matérialité critique

De nouvelles recherches sur la technologie des fibres, impliquant la science des matériaux, l'électronique, la biologie et la chimie organique, créeront de futurs textiles capables de détecter votre rythme cardiaque, de changer de couleur et de forme ou d’interagir avec votre corps et votre environnement. Nous formons la prochaine génération de designers qui pourront exploiter tout le potentiel de ces textiles interactifs pour permettre une révolution du design de mode. Berzowska présentera les tendances actuelles et futures des textiles électroniques et des technologies portables, de l'emphase actuelle sur les textiles intelligents axés sur la performance sportive aux impacts futurs pour la conception, y compris la mode, la santé et le bien-être, l'infrastructure manufacturière et l'innovation sociale. Les futurs textiles reposent sur un mélange d'innovation matérielle et sociale, ce qui signifie qu'ils sont idéalement positionnés pour changer l'avenir du design en proposant une nouvelle gamme de métiers du design multidisciplinaires, en révolutionnant la science des matériaux et la fabrication industries, et en définissant des approches critiques pour la future «mode intelligente», qui examine les préoccupations sociales, culturelles, juridiques et de confidentialité.

Korakrit Arunanondchai

Korakrit Arunanondchai (né en 1986 à Bangkok, Thaïlande, vit et travaille à New York) est un artiste travaillant dans le cinéma, la photographie, la sculpture, l'installation et la performance. S'inspirant des membres de sa famille et de ses recherches actuelles sur les sciences naturelles, la technologie et les religions, Arunanondchai travaille avec l'idée de l'animisme telle qu'elle est conçue à la fois par le futur proche et par un passé lointain.

https://vimeo.com/korakrit


Proposition artistique



with history in a room filled with people with funny names 4
(HD vidéo, 23’32’’, Anglais/Thaï, 2017)

« Trouverez-vous la beauté dans cet océan de données ? » demande Arunanondchai en thaï « nous l'avons retenue juste pour vous. » Prolongeant son travail commencé avec les trois précédentes vidéos de sa série « Painting with history in a room filled with people with funny names », l'artiste engage un échange épistolaire et hypnotique avec Chantri, le drone esprit, il s'agit de la voix de sa mère, professeure de langue, qui parle en français. Ces phrases rendent hommage à l’essai de Chris Marker « Sans Soleil » (1983), mais également au film-hommage de Marker « Alfred Hitchcock’s Vertigo » (1958), tous deux parlant de l'envie de recréer, de revivre, de revisiter, de trouver l'intimité avec ce qui échappe et, ce faisant, nous domine. Ces mêmes préoccupations sont au centre des œuvres précédentes d'Arunanondchai : son corps, ou celui de son jumeau, est pressé contre les images pour tenter de les marquer ou de les affecter de la manière dont elles marquent ou affectent le corps. Il tente de forger un engagement non unidirectionnel avec le spectacle. Mais ici, dans un espace cinématographique marqué de spéculation et de documentaire, l'artiste affronte la force mercurielle de la mémoire. Plus précisément, il aborde la contradiction apparente entre la subjectivité fluide requise pour contextualiser les images qui composent la mémoire, et la technologie que nous avons conçue pour en prendre soin. « Qu'advient-il des souvenirs quand ils sont incrustés dans des machines ? Est-ce qu’ils pourraient se reconstituer pour former de nouveaux cadeaux paradigmatiques basés sur une version aliénée de notre passé ? Est-ce qu’ils nous oublieront, et peuvent-ils réellement nous survivre ? » - Annie Godfrey-Larmon

Dan Hill

Dan Hill est directeur associé chez Arup, société internationale de design et d'ingénierie. Il est directeur du Arup Digital Studio, une équipe pluridisciplinaire qui combine design stratégique, design de services et design d'interaction. Dan travaille au croisement du design, de l'urbanisme et de la technologie. Il est reconnu dans le monde entier comme chercheur, leader et praticien clé dans ce domaine.
Ses précédents postes de direction l’ont mené à gérer des équipes et des projets novateurs et influents allant de l’urbanisme (Arup, Future Cities Catapult) à l'éducation et la recherche (Fabrica), l’administration (Sitra) et les médias (BBC iPlayer, Monocle), en utilisant les nouvelles technologies de manière positive et en menant une approche holistique du design. Ayant vécu et travaillé au Royaume-Uni, en Australie, en Finlande et en Italie, il a développé des projets de stratégie urbaine, de développement urbain et de conception de produits numériques dans de nombreuses villes dont Sydney, Melbourne, Dubaï, Stockholm, Amsterdam, Helsinki, Manchester, Brisbane ou encore en Californie.
Dan est professeur invité à la Bartlett School of Architecture (Londres), où il est Innovator-In-Residence à l'Institut de l'innovation et des objectifs publics de UCL et professeur adjoint à l'Université RMIT de Melbourne.
Son travail de designer a été présenté au Museum of the Future à Dubaï (2014 et 2015), à la Biennale du Design d'Istanbul (2012), « Habitar : Bending the urban frame » (Gijon, 2010), « Remodeling Architecture : Architectural Places - Digital Spaces » (Sydney, 2009), et il est également régulièrement présenté dans de nombreux media. Ses publications incluent « Dark Matter & Trojan Horses : un vocabulaire de conception stratégique » (Strelka Press, 2012), ainsi que de nombreux articles pour des livres, des revues, des magazines et des sites Internet. Il a créé en 2001 le révolutionnaire et très influent blog City of Sound medium.com/@cityofsound.

https://www.arup.com/
http://medium.com/@cityofsound