Vanessa Lorenzo est une chercheuse basée à Lausanne. Elle crée des scénarios fictifs pour contextualiser l'utilisation de la biotechnologie et de la biologie DIY à travers des objets imaginés qui d’habitude influencent notre perception de notre environnement. Elle est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en design industriel (Mondragón, Espagne, 2008 et Barcelone, Espagne, 2010) et d’un Master en Media Design (HEAD – Genève, 2016). Actuellement, elle est chercheuse indépendante et artiste à Hybridoa, co-présidente du Hackuarium biohackerspace (Renens), membre du réseau international d'art collaboratif et biohacking Hackteria et membre de l'association transdisciplinaire Utopiana Genève.
Elle a reçu une distinction pour son projet de Master "Camera Obscura et les artefacts de l'invisible" en collaboration avec Biodesign pour le monde réel. Elle a présenté son travail dans « La Semiosphère du Commun » au Commun (CAC, Gevève, 2017) et au TouchMe Festival (Zagreb, 2017). Elle a participé à une résidence "Biofilia Urbana" au MediaLab Prado (Madrid, 2016) et Ars Bioarctica en Laponie Subartctique (Kilpisjärvi, 2017). Elle a présenté son travail sur le bioink et les biomatériaux "Prin (k) t plastique, c'est fantastique!" À l'Istituto Svizzero del Diseno (Milan, 2016), au Salone Internationale del Mobile (Milan, 2014) et à Lift Conference (Genève, 2015) et 2016) et LIFT (Genève, 2015).
Avec We Spoke Music Company et Hackuarium, elle a également présenté sa musique expérimentale et son travail sur les nouveaux médias "Living instruments" à KlangMoorSchopfe (Gaïs, 2017), l'Internationale Ferienkurse für Neue Musik (Darmstadt, 2016), au Bourg (Lausanne, 2016) et faisait partie du programme collaboratif Kammer Klang à Project Space avec une performance au Café Oto (Londres, 2017). Elle organise et conçoit des ateliers collaboratifs sur la bio-conception, l'idéation et le biohacking avec Hackuarium (Grand Lausanne), Utopiana (Genève) et collabore avec l'Open Science School (CRI, Paris).

https://vlorenzolana.myportfolio.com


La plupart des interactions entre les êtres humains et la Terre sont médiées par des objets technologiques, souvent influencées par un dualisme qui sépare la nature de la culture. Ces objets filtrent un large éventail de données provenant d'événements qui traversent des sphères (biosphère, lithosphère, ionosphère, sémiosphère, technosphère, etc.). Cette approche partielle de notre environnement hante notre perception et demande de nouveaux modes d'abstraction pour déchiffrer les secrets d'un changement global. En explorant la contribution possible des êtres vivants aux systèmes médiatiques, nous construisons un terrain commun qui permet l'équité en considérant les autres habitant.e.s au même niveau pour raconter des histoires au sujet de notre planète: des citoyen.ne.s avec une mémoire, des capacités de détection et le poids politique qui pourrait influencer la politique et nous aider à créer des formes de collaboration. Quel serait le dialogue entre un OGM doté de capacités de détection et un artefact toxique ? Est-ce que les champignons et les bactéries pourraient diffuser des données pour cartographier les techno-géographies de nos sites endommagés ? La mousse pourrait-elle nous donner des information sur l'anthropocène ? En nous appropriant les technologies et les protocoles scientifiques, nous pourrions créer de nouvelles écologies qui nous conduiraient vers des futurs alternatifs.

http://www.hybridoa.org
chttp://cargocollective.com/xgbml


Proposition artistique



Camera obscura & the artefacts of the invisible
Installation, 2017

Camera obscura & the artefacts of the invisible fait partie d'un projet de recherche en design qui vise à sensibiliser aux angoisses du progrès à l'ère de l'Anthropocène à travers les nouvelles écologies des médias. En fusionnant les médias électroniques, les artefacts toxiques et les organismes transgéniques, cette installation interactive utilise des bactéries comme témoin d'un changement écologique causé par un déversement massif de métaux lourds dans la vallée du Rhône depuis les années 1960. Depuis lors, l'incident a été globalement couvert, mal géré et tacite au niveau social, politique et/ou économique jusqu'en 2015, lorsque les travailleurs de l'autoroute A9 ont dévoilé l'évidence dormante qui s'étendait sous la boue du côté fluvial à Turtig (Vaud, Suisse). La Camera Obscura est un outil DIY, (bio)piraté, utilisant le dialogue "blackboxed" entre les bactéries et la matière toxique comme narrateurs non-humains (j'utilise soigneusement les non-humains ici, signifiant que la planète est endommagée). En changeant le narrateur, nous déchargeons une société qui se dérobe pour confronter le fait, pleurer la perte et accepter le changement écologique et chercher des futurs alternatifs.