Designer de mode et professeure, Ying Gao s'est distinguée par la réalisation de nombreux projets de création présentés lors de six expositions individuelles en France, en Suisse et au Canada, ainsi que dans le cadre d’une soixantaine d’expositions collectives à travers le monde ( MAK Vienna, MFA Boston, Ars Electronica …). Son travail de création multiple a été relayé par une couverture médiatique internationale, au travers de plus de 350 articles de presse dans les médias (Time, METAL, Vogue, Dazed and Confused, Interni, Radio Canada, TV5… ). Ying Gao compte parmi les «Fab 40: Canada» sélectionnés par le magazine Wallpaper. Ying Gao remet en question la notion de vêtement tel qu’on le connaît en alliant le design urbain, l’architecture et le média interactif. Elle explore la construction d’une pièce de vêtement en puisant son inspiration dans les transformations de l’environnement urbain et social. Ses créations sont reconnues dans le monde entier et régulièrement exposées dans des musées et des galeries. Ying Gao considère le design comme le média, mais dans une acception plus technologique que textile du terme : une technologie sensorielle qui donne au vêtement une valeur ludique et participative. Elle interroge à la fois le statut de l’individu dont les contours physiques sont transformés par les interférences extérieures, et la fonction du vêtement comme espace fragile de protection. Ainsi, témoin de l’univers en profonde mutation dans lequel nous vivons, son travail est porteur d’une dimension critique radicale qui dépasse l’expérimentation technologique.

http://yinggao.ca/fr/


Proposition artistique



Possible Tomorrows
Tulle de nylon, fils de nylon, fils de PVDF, thermoplastique, composants électroniques

Les deux vêtements robotisés sont connectés à un système de reconnaissance d'empreintes digitales. Mais, en détournant la notion de sécurité, ils ne s’animent qu’en présence de personnes inconnues dont les empreintes digitales sont rejetées par le scanner. L’esthétique et le mouvements des vêtements rappellent les hypotrochoïdes, empruntés par le jeu vintage Spirographe, ces courbes planes sont décrites par un point lié à un cercle mobile roulant sans glisser sur et intérieurement à un cercle de base. Le design a été développé à partir d'une série d’algorithmes apparentés au domaine de la reconnaissance de motifs - nuages de points.




Neutralité : Can't and Won't
2 robes interactives. Super organza, mesh de coton, PVDF, composants électroniques. 

Deux robes, nommées « Can’t » et « Won’t », dont l'esthétique et les mouvements rappellent la vie microbienne, réagissant au système de reconnaissance d’expression faciale, cessent de s’animer dès que le visage de celui qui les contemple sort de l’immobilisme. Paradoxe. Les robes « Can’t » et « Won’t » poussent un peu plus loin la notion de la fausse neutralité, exigeant du spectateur, habituellement hyper sollicité, réactif et expressif, qu’il adopte une posture de retenue absolue. C’est à cette condition seule que se prolonge la « vie » du vêtement, son mouvement étant déjà amorcé avant l’apparition du visiteur : un appel à l’humilité en rupture de ton avec la société d’hyperexpressivité dans laquelle nous évoluons. Partie prenante d’un système « vivant » par défaut, le spectateur devient alors composante d’un écosystème qui s’auto-génère, comme suggère le philosophe français Edgar Morin dans La Méthode, La Vie de la vie : « l’auto-éco-organisation signale la multiplicité des relations possibles dans une organisation vivante, elle est à la fois fermée sur elle-même et infiniment ouverte à l’environnement et à sa diversité ». Un aller-retour entretenu par un jeu de trompe l’œil où se mêlent, en va et vient, mouvements robotisés et effets de lumières, créant l’illusion d’une infime et délicate respiration.